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Le connétable ne trouve point partout l'obéissance qu'il est en droit d'at- tendre. Le maréchal de Lesdiguières, bien qu'il ait en apparence la direction suprême de la guerre, est gardé conîmebn otage et il est plus bloqué et assiégé que ne Test Saint - Jean - d'Angély même. S'il donne un conseil, on ne le croit pas ; s'il fait quel- que chose, chacun a les yeux sur ses mains.

Le roi est, à l'heure actuelle, plein cle colère, il se plaint amèrement de ceux qui lui ont représenté comme facile cette entreprise, et qui se sont fondés pour le dire, sur les événements de Tannée dernière, dont le succès est dû plutôt à un effort vigoureux de fa 72 Le siège de Saint-Jean-d Angély. Nous ne mécon- naissons pas la-part de responsabilité du connétable dans ces premiers échecs d'une campagne qui de- vait si mal finir pour lui.

Mais il paraît certain que ce n'est pas le duc de Luynes, qui est principale- ment visé dans ces appréciations sévères de l'am- bassadeur vénitien; ce sont les violents du con- seil, ceux qui poussaient à une guerre à fond, et nous savons que le connétable n'était point de ceux-là. Il nous semble même avoir parfois poussé bien loin l'esprit de mansuétude et de conciliation comme dans la circonstance suivante: Ce procédé sommaire rencontra une vive opposition de la part des généraux: Créquy prit la parole ; il exposa qu'il faisait souvent des reconnaissances, accompagné d'un seul cavalier et qu'il pouvait lui arriver d'être pris.

On le pendrait donc, lui aussi, par représailles. Il termina en disant qu'après tout on était en France et non pas chez les Turcs. Cependant les renforts amenés de tous côtés à Tannée royale rendirent bientôt imminente la prise de Saint- Jean-d'Angély. Cependant, bati- tus par trente-huit canons, ils virent leurs bastions ruinés, leurs maisons détruites et la brèche ouverte. Il fallut enfin se résigner à capituler. L'ambassadeur de cette puissance protesta en effet avec vivacité contre l'ouverture des hostilités.

Louis XIII ne put dissimuler son mécontentement, et le connétable, qui vis-à-vis de prétentions étran- gères trouvait plus d'énergie qu'en face des protes- tants, dans un élan d'indignation, fit à l'ambassa- deur anglais l'affront de ne point l'accompagner à sa sortie. Mais la réponse officielle aux tentatives d'intîmî- I. En conséquence, il lui demandait d'é- crire en Angleterre afin de savoir et de rapports ensuite, sur des instructions positives, si le roi de la Grande-Bretagne avait l'intention de protéger les rebelles de la couronne de France, Dans le cas de l'affirmative, le roi donnerait alors la.

Le ton péremptoire de cette note eut-il pour effet de déconcerter le gou,- vernement anglais? Saint-Jean-d'Angély se rendit le 25 juin. Le roi fit ranger toute son armée en bataille et se plaça, entouré des princes et de ses officiers, sous un pa- villon, hors la ville.

En même temps, le maréchal de Lesdiguières faisait sortir de la place les régi- ments de M. L,es soldats de Soubise mar- chèrent, en effet, en armes, Pépée au côté, le iftousquet sur l'épaule et les piques droites ; ils défi- lèrent ainsi devant le roi, et en passant à sa hauteur, ils mirent genou en terre, pour montrer qu'ils de- mandaient pardon. Louis XIII les regarda l'air grave et dédaigneux. Le reste de la garnison suivit. Deux mille hommes se présentèrent, l'arquebuse renversée sous le bras et un bâton à la main.

Les piquiers se rangèrent derrière les piques et tous derrière les drapeaux, pour s'agenouiller comme les premiers devant le trône du roi. Louis le considéra avec sévérité et lui dit: Et sans rien ajouter, il le congédia.

Cinquante charrettes entrèrent ensuite dans la place pour emporter les bagages de ceux qui vou- lurent partir, et M. Les appréhensions de ceux qui s'enfuirent ne furent que trop justifiées.

Malgré la présence du duc d'Épernon et du maréchal de Lesdiguières, on ne put empêcher la troupe de mettre à sac les maisons des habitants et de commettre des violences et des rapines partout où ils le purent. Ces incidents re- grettables, quoique difficiles à éviter dans une guerre soutenue avec beaucoup d'acharnement et peu de bonne foi par les protestants, exaspérèrent I. Angély , à un tel point le duc d'Épernon et M. Pendant que le roi poursuivait sa marche victorieuse sur Cognac, M.

Le gouvernement prenait dans le même temps la sage résolution de faire bloquer la Ro- chelle par terre et par mer; c'était là, en effet, qu'il fallait atteindre l'ennemi. On eut tort de ne point s'arrêter définitivement à ce parti. Le siège delà Rochelle parut prendre au commen- cement une tournure sérieuse.

Le siège de cette ville devait être la faute capi- tale de cette campagne pour Tarmée ro5'ale ; mais les Protestants ne comptaient pas sur un succès, et ils songeaient à se tirer du mauvais pas où ils se trouvaient engagés.

Aucun compte de cette mise en demeure n'ayant été tenu, le roi décida la formation d'un corps de 12, hommes, qui fut placé sous le commande- ment du duc d'Épernon, pour réduire de nouveau le Béarn à l'obéissance.

De- vant ces dispositions menaçantes, le duc de La Force sollicita un sauf-conduit pour venir traiter. Sa-demande fut repoussée; on lui permit toutefois de se retirer à Bordeaux ou dans une autre ville du royaume, et il lui fut déclaré que, si son mari ne s'humiliait point au gré du roi, l'intention du gou- vernement était de.

Un signe manifeste de l'heureux effet produit par ces événements et des espérances que l'on fon- 1. Dans ce triomphe, qui ne fut que momentané, il faut faire grande la part du connétable de Luynes ; mais disons tout de suite qu'il s'en exagéra l'im- portance. Vous le voyez par tout ce qui s'est passé. Il ne nous manque que les jambes pour aller plus vite, car elles ne peuvent point suf- fire au chemin qu'il nous faut faire. Vous saurez que M. Il ne reste plus à La Force que Clérac, où il s'est retiré.

Je crois que c'est là qu'il voudra capituler et faire son accord. Je ne sais point encore de quelle Êirine sera le pain. Je crois qu'il ne peut plus y avoir de résistance contre un roi légi- time et contre le Dieu plein de bonté qui le tient par la main. Si les choses coiitinuent à aller comme maintenant I. L'ambassadeur donne dans sa dépêche une traduction en italien de cette lettre; on retrouve facilement a forme française sous les mots italiens.

Le siège de Saint-Jean-d'Angely. Dieu conserve nos enfants. De Saint-Émilion, le lo juillet Quel que soît le jugement définitif qu'on portera sur le duc de Luynes, quelques réserves qu'on puisse faire sur le fond même de cette lettre, il ne nous a point paru sans intérêt de la restituer à Thistoire avant d'entrer dans le récit des événements funestes au milieu desquels sombrèrent la confiance, la for- tune et l'existence du connétable.

Il a des attentions, non-seulement pour les capitaines, mais pour les simples soldats ; il paraît souvent tout armé, et Tépée ne quitte 86 Le siège de Montauban. Il est résolu en telle manière de venir à bout de son entreprise, qu'il répond avec une véritable irritation à ceux qui lui parlent en sens contraire.

Il dit qu'il se trouve sur le chemin de devenir véri- tablement roi de France, et que quiconque voudra Ten détourner ne sera jamais son ami. Car, s'il arrache des mains des huguenots les places quHls possèdent, il leur enlèvera par suite cette puissance sans laquelle les mécontents, qui inquiètent si sou- vent le roi et le royaume, se trouvent dépourvus de tout fondement solide sur lequel ils puissent s'appuyer. Lorsque plus tard, le même ambassadeur, moins bien inspiré cette fois, croyait encore devoir repré- senter au chancelier Brûlart que la guerre faite par le roi aul protestants à Tintérieur pouvait être nui- sible aux intérêts français qui se trouvaient en jeu à Textérieur, il s'attirait de la part du vieux ministre cette réponse qui ne dénotait ni la crainte, ni l'impuissance: Ce châti- ment, il le peut discontinuer quand il lui plaira, et employer ses forces contre qui bon lui semblera.

L'assemblée ordinaire du clergé, qui se tenait tous les deux ans, commença au mois de juin à Paris ; elle fut transférée à Poitiers et de là à Bordeaux. Le clergé était soutenu dans ses velléités de résistance par la mau- vaise humeur du nonce Corsini', qui avait enfin re- joint la cour, où il avait reçu un accueil des plus I. Le clergé montra peu d'empresse- ment à satisfaire le roi ; l'archevêque de Lyon et d'autres députés de l'assemblée vinrent lui donner dans son camp de Clérac une première réponse évasive: Le roi, qui avait, au commencement de l'année, exigé des officiers de justice d'assez lourds sacrifices, n'était pas disposé à reculer devant ces tergiversa- tions du clergé.

Le gouvernement menaça les pré- lats d'une aliénation des biens de l'Église, et ouvrit des négociations à ce sujet avec le Saint-Siège. Voir le rôle de M. Il démontra que la perte de nombreuses juridictions, qui résultait de ces aliénations, nuisait sensiblement à Tautorité et à la dignité de T Église de France. Marquemont parlait en bon prêtre, et il agit en politique adroit, lorsqu'il fit suggérer au pape, qui fulminait contre le projet d'aliénation, ridée d'écrire un bref pour engager l'assemblée à voter la somme demandée.

Mais, encouragé par une série de succès, le connétable voulut aller trop vite. Le gou- vernement ne sut point profiter, à l'aide d'une démonstration militaire plus sérieuse, de ces cir- constances favorables. On courut en Guyenne où le duc de Rohan et M. La résistance énergique de la pietite ville de Qé- rac, sur le Lot, fut un des premiers signes des dif- 1. La mort commençait à frapper des coups sensibles autour du roi. Le nonce du pape, l'ambassadeur florentin, Bassom- pierre et Richelieu, en se complétant l'un l'autre, nous donnent avec détail la suite des événements.

Il était cardinal, mais simplement diacre; esprit plus porté à l'exercice des armes qu'à celui des lettres. On connaît la violence de son animosité contre le duc de Nevers. Écrit apologétique de sa valeur et de son animosité contre les protestants, c A ses der- niers moments il se tourna vers monseigneur le duc de Che- vreuse etluy dist: Son testament, imprimé, est cu- rieux: Voir, à ce propos, la curieuse dép.

Richelieu est sans pitié pour cet acte: Ce qui fit dire à monsieur le Prince que si on voulait distinguer le temps, il était propre à toutes les charges ; bon garde des sceaux en temps de guerre et connétable en temps de paix.

Le futur cardinal de la Rochelle ne devait-il pas un jour causer au monde un étonnement non moins grand que le connétable, dans la circonstance présente, lorsqu'il déposa son bréviaire pour se mon- trer un Quinte-Curce à la main? Nous Pavons déjà dit, Luy nés était un politique plutôt qu'un militaire; les fonctions du garde des sceaux, par les mains de qui passait toute la correspondance du gouverne- ment, et qui conduisait dans le détail les négocia- tions de tout ordre à l'intérieur et à l'extérieur, avaient une importance exceptionnelle au point où Ton en était.

Luynes avait à faire face à une situa- tion qui se compliquait au dehors ; à l'intérieur, il n'avait pas encore perdu tout espoir de résoudre par composition les difficultés qu'il sentait devenir plus graves. Or il était entouré de pièges. La ville était admirablement défen- due par sa position sur une éminence de la rive droite du Tarn et par les faubourgs avancés de la Ville- Bourbon sur la rive gauche au S.

O;; du Moustier sur la rive droite au S. Tous ces points étaient solide- ment fortifiés. Les principaux points d'attaque furent répartis entre le connétable établi en face de la Ville-Nouvelle, le duc du Maine, en face delà Ville-Bourbon, et le prince de Joinville, en face du Moustier.

Les maréchaux de France furent placés sous le commandement de ces chefs. Toute l'histoire du siège de Montauban s'explique par cette considé- ration.

Uhonneur de la défense appartient à M. Dès le début, les maladies se mirent dans l'armée du roi et se répandirent dans tous les environs ; quatre cents hommes périrent en quelques jours.

Monsieur, frère du roi, qui donnait alors de grandes espérances, et dont l'ambassadeur vénitien vante l'amabilité et la vivacité d'esprit, fut un des premiers atteints, et son cas parut pendant quel- ques jours désespéré '.

On défendit au roi de le 1. Par un singulier hasard, milord Hay, vicomte de Donchester, envoyé extraordinaire de 4a Grande- Bretagne, qui était venu encore ajouter aux embar- ras du gouvernement de nouvelles inquiétudes, en déclarant que le roi son maître ne se croyait plus en mesure d'empêcher ses sujets de venir en aide à ceux de la religion réform. Il n'y avoit bonne femme qui ne luy coupast un lopin de sa robe. Il fallut songei" à rendre efficaces les attaques de vive force.

Les premières avaient çté infructueuses, et plusieurs fois, les assiégés avaient fait sauter les poudres du roi. Le roi déclara qu'il ne vou- lait pas perdre ainsi la fleur de sa noblesse et de ses soldats. Le roi sentît vivement cette perte', et il eut raison, car ses affaires ne cessèrent d'empirer depuis ce malheur. Le surnaturel semblait cependant se porter au secours des efforts de l'armée royale. Mais , en approchant d'elle, ces météores palis- saient, se dissolvaient et disparaissaient.

Le camp royal se trouvait dans la confusion après la mort du duc du Maine, et le roi fit un suprême appel à toute la noblesse du royaume pour finir le siège.. Les protestants commençaient à se soulever dans la Normandie, sous la cpnduite de M. On enrôlait jusque dans Paris des soldats pour faire la guerre au roi, et Louis XIII était obligé de recourir aux ré- serves d'argent renfermées dans la capitale. Le roi aurait pu compter cependant encore sur le succès final de ses opérations, si l'on était parvenu à disperser l'armée de secours, dont l'approche était annoncée vers la fin du mois de septembre.

Dans la nuit du 28, un homme d'action, Beaufort, gentilhomme des Cévennes, tente le coup de main ; il avait divisé le secours en trois corps. On chanta le Te Deum à Paris; mais il était évident que la levée du siège était une éventualité qu'il fallait désormais envisa- ger. Ces accusations ne sont assurément pas sans fon- dement. Nous n'avons jamais contesté Tinsuffi- I. Mais nous croyons que c'est justice de dé- gager en partie sa responsabilité par ces considé- rations que fait valoir en sa faveiirle P.

La plupart des officiers qui n'avaient pas une haute idée de sa capacité dans le métier de la guerre n'étaient pas fâchés àt voir qu'il laissât à d'autres le commandement des troupes pour s'occuper des fonctions de la magis- trature. Si nous n'attribuons aux pamphlets que la valeur et par conséquent l'importance qu'ils méritent, que dire cependant de cette grave imputation de Riche- lieu?

Plaintes de l'-espée de M. Nous citons cette pièce en entier, moins deux strophes insignifiantes. Et fait parler de tout fors de moy seulement. Quiconque a veu fichez contre-une cheminée Des pistolets de Reistre, avec leurs vieux estuis. Et près d'eux une lance au rouille abandonnée, Il m'a jeustement veue en Testât où je suis. Ha, que fais-je au fourreau, lasche et perfide espée. Que comme au temps jadis, je n'assiste mon Roy, Opérations militaires.

Quand il fut question d'abandonner la partie et que les chefs de Tarmée furent consultés, le colonel général dit au duc de Luynes: On ne peut empescher que de tous ces rebelles Je n'aille plustot seule outrepercer le flanc: Les grands Montmorencis, en semblables querelles, M'ont trop accoutumée à m'abreuver de sang. Grand Roy, qui sçavez bien que sur telle occurrence.

On sépare toujours l'espouse de l'espoux, Si vous estes si juste et plein de conscience, Que par la même loy ne nous séparez vous? Nous associerons-nous, sur ce point, à la dureté du nonce et à l'ironie de Bas- sompierre?

Cette partie diplomatique et occulte de rhistoire du siège de Montauban ne le cède pas en importance à la partie purement militaire, et elle est très-imparfaitement connue. Les dépêches de nos ambassadeurs nous seront du plus grand se- cours pour la reconstituer et pour examiner avec de réelles garanties d'impartialité 4a conduite poli- tique du duc de Luynes.

Pourparlers en vue d'un accommodement général ou particu- lier. Le siège de Montauban était à peine commencé que Tambassadeur vénitien écrivait à son gouver- nement: L'idée d'un accom- modement était loin à ce moment de perdre du terrain; le connétable négociait avec te duc de Sully, M. Un accommodement gé- néral, même avantageux pour le roi, Tobligeait à désarmer et aurait maintenu intactes les préten- tions du parti huguenot et ce qui lui restait de forces.

Nous demandons s'il n'y eût pas eu faiblesse, en Tétat des choses, à étendre davantage les concessions, et si d'autre part il n'y avait pas prudence à s'en tenir aux ré- sultats acquis pour le moment; c'est ce que le connétable de Luynes comprenait, nous n'hésitons pas à le dire, en véritable homme politique.

L'attitude de la population de Montauban, hési- tante au commencement du siège, puisqu'elle avait envoyé à Louis XIII des députés chargés de lui I. Dans une entrevue qui eut lieu au com- mencement d'octobre entre M.

On peut dire que ce jour-là, par suite de cette précipitation, fut décidé le destin de la campagne. Les succès acquis n'autorisaient pas à exiger plus que ce qui était offert à ce moment par le duc de Rohan. Les dépêchcsde l'ambassadeur vénitien nous font assister à un revirement soudain dans les disposi- tions des chefs huguenots.

Le duc de Rohan a été trouver le connétable, qui lui a fait un accueil des plus caressants et des plus cour- tois. Il est resté à déjeuner avec lui le matin ; ils ont négocié ensuite toute la journée ; mais, en fin de compte, les propositions faites n'ont été consenties par aucune des deux parties. A ce moment, Louis XIII se mit en scène, d'une manière plus personnelle et plus résolue que d'or- dinaire. Exaspéré par les échecs dé sa diplomatie et de ses armes, il manifesta publiquement les vo- lontés les plus énergiques ; il alla jusqu'à déclarer I, Amb.

Mem du duc de Rohan col. L'ambassadeur ajoutait aux détails précédents ces mots décisifs: Blessé d'un ordre qu'il a reçu à l'effet de désarmer des troupes qu'il tenait sur pied, il s'est retiré dans la forteresse de Montrond, et l'on craint à cette heure qu'il ne s'entende avec le duc de Bouillon et le duc de Rohan pour former un parti capable de causer des embarras au roi '.

Cet événement, qui fut accueilli avec joie par toute la famille, aurait pu être considéré, en toute autre cir- constance, comme heureux pour la maison royale. Un concours de circonstances fâcheuses rendait. On a vu quelles conséquences désastreuses avait entraînées sur le théâtre même de la guerre la mort du duc du Maine; elle amena par contre-coup dans Paris, en rhonneur de ce fils du populaire duc de Mayenne, une émeute qui rappela quelques-unes des san- glantes journées delà Ligue.

Cela n'a point suffi: Pour refréner la rage de ces mi- sérables, le duc de Montbazon, gouverneur de Paris, est monté à cheval avec ses gardes, ainsi que le lieutenant ci- vil et le prévSt des marchands; ils sont sortis dans la campagne, ont dispose de; troupes autour des boulevards delà cité, et fait pointer les canons qui sont sur la Bas- tille.

Mais leur diligence n'a servi de rien ; car, sans au- cune crainte ni respect, ces gens-là ont commis, outre les susdits méfaits, beaucoup d'autres atrocités dans la ville et hors la ville. Au milieu de ces troubles ont été tués deux soldats des gardes et huit catholiques, qui voulaient s'opposer au tumulte; ces graves désordres n'ont cessé qu'avec le jour. La nuit suivante, ils ont encore mis le feu à deux hôtels du faubourg Saint-Germain et se sont ré- pandus par la ville en bandes armées ; mais ils ont trouvé devant eux les capitaines des quartiers prêts à la résistance et les chaînes tendues.

Dans les maisons particulières cha- cun s'est pourvu d'armes et d'arquebuses; car il n'y a pas seulement des catholiques acharnés après des protestants, il y a des gens pires que les huguenots, lesquels, sous le prétexte' de religion, cherchent à voler partout où l'occa- sion se présente. Le désordre est grand; il continue en- core, et peut avoir de terribles conséquences. On craint que les choses n'empirent; car une offense en appelle une autre, les protestants ne manquant point de se défendre quand ils le peuvent, quoiqu'ils soient en minorité et qu'ils ne puissent pas produire grand effet.

Paris est devenu le théâtre des plus épouvantables tragé- dies. Aujourd'hui, un père a tué de sa propre main son fils parce que celui-ci rengageait à se faire catholique, et le peuple a ensuite mis en pièces le père et un autre de ses fils, tout innocent qu'il fût. Les huguenots font mine de vouloir partir et quelques-uns sont partis en effet furtive- ment. Mais comme on craint que, réfugiés à la campagne, ils ne s'unissent à leurs coreligionnaires et n'exercent des vengeances en mettant à feu et à sang les villas des envi- rons, on a placé des postes à toutes les portes pour les em- pêcher de sortir.

On voit dans les rues, spectacle hor- rible, des hommes et des femmes qui ont la figure tailladée ou la tête coupée. Les hu- guenots redoutent les catholiques soulevés ; les catholi- ques craignent la rencontre des huguenots en fureur. Cha- cun s'observe et mesure ses pas.

Les routes dans la cam- pagne sont très-peu sûres. Dans ce grand corps, toutes les mauvaises humeurs se sont mises en mouvement et on ne pourra pas de sitôt l'en purger. Mais le duc de Négociations. Les principaux auteurs de l'incendie furent pendus en place de Grève, et le corps du duc du Maine put être rapporté à Paris sans exciter d'au- tres troubles. On se demandait ce qu'il allait adve- nir des catholiques dans les places des protestants ; le Dauphiné se soulevait', réclamant la mise en li- berté du maréchal de Lesdiguières, que les protes- tants considéraient comme captif; la place d'Orange.

Le gouvernement, pour séparer sa cause de celle des incendiaires et des assassins, annonça que le temple de Charenton serait reconstruit aux frais de la ville de Paris, et il mit en même temps à la disposition du culte protestant, une maison dans le même endroit.

Mais le calme ne rentra qu'avec peine dans les esprits. Le roi resta cependant de- vant Montauban. Le résultat le plus funeste de cette explosion d'un fanatisme aveugle et repoussant, de ces hor- reurs sans noni auxquelles la jeunesse de T Uni- versité, gâtée par un enseignement étroit et intolé- rant, n'eut pas honte de s'associer, fut d'opposer des difficultés insurmontables à la conclusion des pour- parlers entamés par le duc de Lu3mes.

Le sang des protestants versé à Paris criait vengeance à leurs coreligionnaires du Midi. De là, Tattitude intraita- ble de ces derniers, et la rupture définitive des né- gociations vers le milieu d'octobre.

Ainsi le roi se trouvait dans Timpossibilité de traiter honorablement avec des rebelles, qui étaient désormais en droit de soutenir qu'ils luttaient en- core moins pour leur religion que pour le maintien de garanties protectrices dont la nécessité venait d'être si ciliellement prouvée ; leur cause, qui sem- blait devenir celle de la justice, était en même temps servie par des sorties heureuses des assiégés de Montauban.

C'est ce moment-là qu'un prince du sang et la mère même du roi choisissaient pour renouveler des intrigues qui, pour ne viser en apparence que le chef du gouvernement, compromettaient assu- rément l'Etat et la monarchie.

La reine mère, en effet, à son retour de Blaye et Négociations. L'ambassadeur vénitien Priuli, rappelé par son gouvernement', et astreint, par les hautes conve- nances de la diplomatie, à prendre congé du roi de France avant son départ, visita Marie de Médicis quand il passa par Blois. La dépêche qu'il écrivit à ce sujet au Sénat de Venise est curieuse à citer au moment où l'attention est de nouveau rappelée sur la reine mère par les faits de notre récit.

Dans les lamentations qu'elle lui fit entendre sur la longueur du siège de Mon- tauban dont l'issue était encore incertaine, dans les 1. Celait a la demande pressante de l'ambassadeur. Ces en- voyés vénitiens semblent tous succomber à la nosialgie dès qu'ils ont quitté leurs merveilleuses lagunes et abandonné leurs somptueux palais.

Celui-ci, pour obtenir son rappel, LiiMiic. Ces deux pièces écrites en Ijiin t'ont partie du Carteggio de notre envoyé. Contarini avait dùjà précédé Priuli dans la retraite sur Venise. Je la remerciai de cette marque d'une bienveillance si particulière, et lui dis que j'observerais ses com- mandements; je fis voir que cette faveur me cau- sait un plaisir singulier.

Mais cependant , ces montres n'étant pas à moi, mais à Vos Excellences, je les conserve par devers moi, afin de les déposer, au moment voulu, aux pieds de Votre Sérénité, comme de raison.

Elle se complut à m'écouter et m'en donna signe en riant. La reine assuma par là une grande responsabilité dans l'insuccès des opé- rations du roi autour de Montauban. Èst-il en effet possible de croire Richelieu quand, parlant de la levée du siège de Montauban, il dit en propres termes: Plusieurs princes, notamment le comte de Soissons, songent à en tirer avantage pour former une faction. La continua- tion du cours prospère des événements aurait porté à son comble Tinsolente fortune des favoris ; mais maintenant on trouve à Toulouse et ailleurs beaucoup d'écrits outra- geants pour eux affichés sur les murs.

Là est le secret de bien des défaillances et sans doute de Tinsuccès final. Quant à Marie de Médicis, pendant que le roi son fils su- bissait devant Montauban Thumiliation d'échecs répétés, elle s'en venait triompher à Paris au mi- lieu d'un peuple encore en ébuUition.

Elle se montre beaucoup en public, est sans cesse dans les églises, aux sermons ou aux vêpres, en un mot dans les dévotions. Le reste du temps, elle le passe avec les princesses qui sont ici et qui lui forment continuellement cortège, en particulier la com- tesse de Soissons ; le comte de Soissons, lui aussi, ne quitte pas d'un pas Sa Majesté. La comtesse de Soissons et toutes les dames de la cité ont été à sa rencontre. Cet événement a mécon- 1.

Ils sont de plus en plus dans Tap- préhension d'un tiers-parti qui comprendrait la reine mère et les princes du sang appuyés sur les États généraux. Ce parti réclamerait la réforme du gouvernement. Si la guerre continuait et si la paix survenait, ils afficheraient un grand zèle pour la religion et s'attaqueraient en apparence aux huguenots, qui sont en état de n'accepter un accommode- ment qu'à des conditions très-désavantageuses pour la cou- ronne. Le but réel du tiers-parti est d'abaisser la faveur.

Où Richelieu ne voit qu'un prétexte plausible et qu'il conteste, nous sommes en droit, nous ap- puyant sur des dépositions qui ne sont pas suspectes, de voir la raison réelle et déterminante de la levée du siège. Lorsque l'ambassadeur vénitien, rappelé par son gouvernement, eut, après un long et pénible voyage, rejoint le roi auquel il allait présenter ses lettres de retour, il écrivit au Sénat: Le roi a pris la résolution de lever le siège de Montauban.

Les principaux chefs ont pris le chemin de Paris et M. Mais le roi et le connétable restèrent courageusement à la tête de l'armée; car ils voulaient opérer la retraite avec elle. Nous venons de montrer la contradiction qui existe entre les accusations portées contre le conné table de Luynes par Richelieu, et les témoignages des représentants de plusieurs gouvernements accrédités à la cour de France.

Infiniment supérieur par le génie à son prédécesseur, il ne lui a point par- donné de s'être mis en travers de son ambition. Les pourparlers engagés de- puis lors par le connétable avec la cour de Rome, en vue d'une promotion nouvelle, prouvèrent que les dispositions du gouvernement à l'égard dû mi- nistre de la reine mère ne s'étaient pas sensible- Les fléaux de la guerre civile.

En effet, [dans une dépêche du 4 novembre , le nonce écrivait au cardinal neveu: Mais la crainte que la reine mère ne suscite de nouveaux troubles l'induira peut-être à agir contre sa propre inclination. Le connétable se borna à exprimer le désir que la prochaine promotion fût favorable aux intérêts du roi ; le nonce lui promit satisfac- tion sur ce point. Il termine le compte rendu de ce curieux entretien par ces mots: Il m'a dit qu'il désire bien plutôt être agréable à Votre Illustrissime Sei- gneurie qu'à Luçon, et nous sommes convenus ensemble que vous, lui, Modène et moi serions seuls au courant de l'affaire.

Taise la cour de Rome, dont il connaissait la dé- fiance instinctive à l'égard de Richelieu. L'évêque de Luçon ne devait pas être cardinal du vivant du connétable.

Les démarches du ministre de la reine mère étaient évidemment un indice du désir qu'avait celle-ci de jouer un rôle plus actif; et, pour y arri- ver, elle croyait n'avoir plus rien à ménager. Son attitude, à partir du moment où elle est de retour à Paris, devient en effet de plus en plus incorrecte et blâmable; un instinct tout féminin semble l'a- vertir de la chute prochaine de son ennemi détesté.

Les événements même les plus malheureux semblent être pour elle une occasion d'aggraver ses torts. Dans la nuit du 24 octobre l'imprudence d'une servante causa à Paris, dans la Cité, un épouvantable incendie. Le feu gagna le pont au Change, sur lequel habitaient les orfèvres et les joailliers, et le pont des Oiseaux, couvert de nom- breuses boutiques, où l'on vendait des armes et de la poudre d'arquebuse.

Les ponts, construits en bois, s'écroulèrent avec les maisons qu'ils portaient, et les flammes, chassées par le vent, consumèrent plus de trois cents autres habitations.

Le Palais de justice et le Châtelet furent un instant menacés, et des enfants périrent dans cet immense brasier.

Le Les fléaux de la guerre civile. On boucha toutes les ouvertures des maisons situées en dehors des murs, de peur que les maraudeurs, plus à craindre que les hugue- nots, n'y vinssent mettre le feu. Mais le duc de Montbazon prit des mesures efficaces pour pré- venir un nouveau soulèvement.

L'élan de la charité publique ne fit point défaut dans cette calamité. Le Parlement ordonna que lès incendiés seraient nourris pendant un an aux frais de la ville, et la municipalité s'adressa à la généro- site du roi. Dans l'état désastreux où la guerre civile avait mis ses finances.

Louis XIII ne put dis- poser que d'une somme de écus ; mais la reine mère, qui percevait tous ses revenus intégra- lement, en donna 1 pour le rétablissement des deux ponts. Cette libéralité qui, en soi, était louable, prenait, par la comparaison, un caractère fâcheux pour le roi ; le gouvernement la considéra I.

Dép- du 19 nov. Elle adressa un appel au duc d'Épernon pour qu'il vînt la protéger, et, pour compromettre encore plus dans son parti la comtesse douairière et le comte de Soissons, elle promettait à ce dernier de lui accorder sans délai la main de sa fille. C'était un acte coupable de s'engager ainsi sans l'aveu du chef de la famille royale et de l'Ltat.

De son côté, le connétable prenait les pré- cautions que rendaient nécessaires ces apprêts d'une rébellion principalement dirigée contre sa per- sonne. Son frère, le duc de Chaulnes, arrivait à Paris pour surveiller les intrigues de la reine, et pour se trouver à portée de la citadelle d'Amiens, où étaient renfermés les trésors du connétable, qu'il importait de protéger contre toute surprise. Ainsi la guerre civile semblait sur le point de se compli- I. Les Jléaux de la guerre civile.

Malheureusement le désordre n'était pas seule- ment à Paris ; il s'était répandu et était arrivé à son comble dans les provinces désolées par les bri- gandages de bandes armées qui se recrutaient parmi les déserteurs des deux partis, quand ce n'étaient pas des compagnies entières de soldats du roi ou du parti huguenot qui s'organisaient pour détrousser les gens sur les chemins.

Nous trouvons des détails bien curieux sur cet état misérable de la France dans les dépêches qu'a- dressent au Sénat l'ambassadeur vénitien qui part et celui qui vient le relever de ses fonctions. La plupart du temps j'ai mangé du pain mêlé de son et j'ai logé sous de, misérables huttes.

J'ai rencontré par les chemins I. J'ai vu aussi bon nombre de gentilshommes blessés et portés en litière, qui s'en vont passer l'hiver et se soigner dans leurs pays. Un récit effaré qu'il adresse à son gouvernement, dans les termes suivants, jette un jour étrange sur les misères de ce temps: Je comptais sans mon mauvais sort et mon malin destin.

Le i5, dans un endroit situé non loin de la Motte, dans le pays de Rouergue, a l'heure de midi, j'ai été assailli, arquebuse, dévalisé. Cet acte scélérat s'est Élit avec une surprenante adresse: Les gens de ma compagnie, prétendaient-ils, avaient commis des insolences.

Pendant que l'on cherchait a entendre la cause de ces plaintes et doléances, je me trouvai avec tous les miens entouré par une force supérieure d'hommes à cheval qui, au cri de: Mais deux de mes estaffiers restèrent sur le carreau, l'un d'eux mortellement frappé ; un seul des assassins fut légè- rement touché à la main.

Je lui parlai avec le plus grand calîne, je lui montrai que mes gens avaient défailli, je me déclarai plein de confiance dans la valeur et la courtoisie des siens, et, par des mots qui me furent certes inspirés de Dieu, j'apaisai de telle manière cet homme et ses compagnons i38 Les fléaux de la guerre civile. Ils l'excitent en secret et on me demande de l'argent. Je n'en avais point de prêt, car ce n'est pas mon habitude d'en porter sur moi, et je m'excusai de ne pouvoir les satisfaire.

Les voituriers leur offrirent, de mon consentement, tout ce qu'ils avaient pour me délivrer de cet embarras, si cela eût été possible ; mais cette offre ne les contenta pas ; avec de nouvelles menaces ils nous conduisirent dans un bois qu'ils appelaient leur quartier ; là ils ouvrirent mes caisses et se rassasièrent â leur fantaisie de tout ce qui leur plut.

Le dommage se monte à trois mille écus, outre que nous restâmes dé- sarmés et avec une perte de quatre bons chevaux. Puis, Ton se sépara avec de bonnes paroles. J'envoie ensuite à la première au- Les fléaux de la guerre civile. A l'aube, nous arrivons dans la ville d'Albi. Je fis venir les consuls de la ville et j'obtins que, d'office, dans Pintérêt du bien public et de la couronne, ils fissent en sorte de découvrir d'aussi coupables malfaiteurs. Je ne pouvais y échapper qu'avec la protection d'une véritable armée, puisque trente canons d'arquebuses n'ont su me défendre.

Le coup était médité, car outre les gens qui m'ont assailli, il y en avait qui occupaient le bois ; d'autres gardaient les routes ; car un des miens qui courait à la cité voisine fut arrêté par quatre hommes qui lui firent rebrousser chemin. Et, bien que ceâ co- quins aient laissé entendre, en se plaignant de ne pas trouver dix mille sequins, sur lesquels ils comptaient, qu'ils étaient des gens du duc de Rohan, j'ai de fortes rai- sons de croire que ce sont des gens de Sa Majesté elle- même.

Et c'est ainsi que je prends les choses, plein de reconnaissance pour la puissante miséri- corde de Dieu. Ce qui me console encore dans ma disgrâce, c'est que tous les miens reconnaissent être redevables de la vie à ma présence d'esprit. Cette satisfaction ne lui fut sans doute pas refusée, et le gouvernement français put lui accorder celle de faire pendre, sinon toute X.

Aussi croyons-nous de- voir mettre en regard du récit de Pesaro la der- nière dépêche de son prédécesseur ; elle la confirme et y afoute quelques traits nouveaux et frappants. J'ai voyagé continuellement sur la crête de montagnes très-hautes, les plus alpestres, les plus terribles qu'ait formées la nature; et l'on peut dire en vérité que l'Auvergne est Tenfer de la France, quand on songe surtout qu'à l'heure présente sont répandus et dé- chaînés dans cette contrée tant de mauvaises gens.

De sorte qu'outre les incommodités du voyage j'ai fait tout le chemin avec la cervelle à l'envers, en raison de l'accident arrivé à TExcellentissime Pesaro. Il n'en était cependant pas moins ur- gent d'apporter d'énergiques remèdes aux souf- rances du pays devenues intolérables.

Le plus efficace devait être assurément une pacification au moi ns provisoire ; le duc de Luynes le comprit ; mais il y avait autour du roi tout un parti qui ne parlait que de poursuivre les hostilités, et le con- nétable devait à tout prix s'en débarrasser. Il usera à cette oeuvre difiicile les derniers jours de sa vie. Girolamo Priuli fut fait, comme ce dernier, chevalier des ordres du roi avant son départ, et M. Le représentant de Venise auprès de la France est désormais Giovanni Pesaro.

Les dépêches de son Carteggio ont, comme on a pu le voir déjà, un numéro- tage différent de celle de Priuli. Origines de la question. Cette affaire célèbre est incontestablement un des épisodes lés plus intéressants et les plus compliqués de V affaire, de la Valteline. Les historiens se sont généralement accordés pour attribuer uniquement à Richelieu la solution, heureuse pour les intérêts français, que ce grand ministre sut donner, par l'emploi delà force, aux dangereuses complications européennes dont les agitations intérieures de ce petit pays furent la cause.

Le droit de passage par ces vallées, à plus forte raison leur possession même touchaient aux inté- rêts vitaux de plusieurs Etats européens. Les diffi- cultés soulevées par des questions relatives à ces droits trouvèrent la France en pleine crise inté- rieure. Mise dans l'impossibilité par les raisons que l'on connaît, et qui sont indépendantes du duc de V affaire de la Valieline. C'est un problème qu'une étude assez détaillée nous permettra seule de résoudre.

Par le col de Bor- mio, aux sources de la rivière, elle communique I. En résumé, la Valteline commande quelques- unes des routes les plus importantes d'Italie en Al- lemagne et permet à ses possesseurs de rayonner sur le Milanais par l'Adda, sur l'Allemagne occi- dentale par le Rhin, sur l'Allemagne centrale par rinn et le Danube. La Valteline fut longtemps possédée par les Vis- donti, ducs de Milan. Au point de vue physique, comme elle Test aujourd'hui au point de vue poli- tique, c'est bien en effet une région italienne: Celui-ci, à la mort de son père, assassiné par son cousin Jean Galéas, fut dépouillé de ses biens et se réfugia auprès de Tévêque de Coire, Hermann, à Téglise duquel il âten Tannée donation de toutes ses possessions.

Mais cet évêque ne put jamais ehtrer en jouissance réelle de ces domaines, à cause de la puissance et de la valeur de Jean Galéas et de ses successeurs. Ludovic k More prit les armes contre Tévêque; mais, en fin de compte, on conclut un accord en vertu duquel Tévêque garda le val de Poschiavo, qui lui assurait à la descente du Bernina une libre entrée en Valteline, et, en échange d'une somme de 14, florins d'or, il abandonna I.

On connait les événements qui amenèrent. Ces révolutions placèrent la Valteline dans une condition nouvelle. Il en résulta une convention qui devait régler les rapports de ces peuples.

Diaprés la teneur de cet acte, les Valtelins devenaient sujets de Tévêque de Coire et des Trois Ligues Grises, et seraient tenus de leur payer par chaque année mille florins comptant. Che goderebbono de lor antichi costumi e privilegi, awenga che ragionevoli e giusti. Che il vescovo e le tre Ieghe darebbono loro soccorso, ajuto e conseglio, quando n'havessero bisogno infavor délia Mta Ccesarea e del ducato di Milano.

Che goderebbono délie medesime immunita efranchigie che gPistessi vescovo e tre Ieghe a quali pagherebbono mille fiorini annui in contanti. Frîbourg, donna à Tévêque et aux Grisons le choix entre une somme d'argent en échange de la restitution de la Valteiine et des autres comtés, ou bien la pleine confirmation de leurs droits de pos- session. C'est à ce dernier parti qu'ils s'arrêtèrent. Ils devinrent donc les maîtres légitimes de la Val- teiine. L'évêque et les Grisons, au milieu de l'asservisse- ment général de l'Italie à la maison d'Autriche, après la prise de Rome, , ne furent pas in- quiétés, et ils entretinrent avec beaucoup de soin, par' prudence politique, l'alliance de la France, qui n'a cessé d'être pendant longtemps la protec- trice intéressée, mais vigilante, de l'indépendance helvétique.

Les prédications de Zwingle à Zurich, dès 1 , et l'introduction de la Réforme produisirent cepen- dant chez les Grisons, comme ailleurs, les boulever- sements politiques qui furent partout la conséquence de la révolution religieuse. La politique prévoyante de Venise s'était depuis longtemps rendu compte du danger que pouvaient courir du côté de la Valteline la liberté de l'Italie et sa propre indépendance. Sentant peser sur leur flanc la puissance espagnole, sur leur tête la domination autrichienne, les Vénitiens cherchèrent en efifet à s'ouvrir des voies pour amener, en cas de besoin, des secours contre des voisins inquié- tants.

De là un projet de confédération avec les Grisons, qui devait rendre accessibles aux Véni- tiens les passages des Alpes par la Valteline, c'est-à-dire le Bernina et le Stelvio, et par le comté de Chiavenne, c'est-à-dire la Maloïa et le Spliigen. Le Béarnais, favorable aux Vénitiens, qui lui avaient rendu de grapds services, n'entendait cependant pas se laisser supplanter dans l'avantageuse alliance des Suisses par la Ré- publique de Venise. Il renouvela en i6o3 la confé- dération de la France avec les Ligues suisses, à des i5a V affaire de la Valteîine.

Les Vénitiens réus- I. L'article 14 est le plus significatif et le plus important au point de vue des événements qui vont suivre.

Nous le donnons tel qu'il figure dans les papiers de Corsini: Il n'y a pas lieu de s'étonner que le hautain et audacieux comte de Fuentès, gouverneur de Milan, ait vu avec un profond dépit cette double et peut-être irréparable mise en échec: Le gouverneur de Milan prit en consé- quence des dispositions énergiques pour prévenir les inconvénients qui résultaient des derniers actes diplomatiques intervenus entre les ennemis de son maître.

Croyant ainsi pouvoir fermer le passage aux gens d'outre-nlonts ou forcer les Grisons à se confédé- rer avec les Espagnols, il sollicita des Grisons la signature d'une convention analogue à celle ' I. L'île se trouve soudée aujourd'hui à la terre ferme par suite du dépôt des alluvions de l'Adda, et Ton y voit encore les ruines du fort de Fuentès, détruit en par les Français.

Le gouvernement français ouvrit trop tard les yeux et voulut revenir sur la condescen- dance impolitique par laquelle il avait laissé les Vénitiens participer à ses privilèges. Il demanda la suppression de toute ligue hormis la sienne. Mais il avait malheureusement ouvert la porte à des prétentions étrangères qui devinrent pour les Grisons la cause de difficultés à Tintérieur. Trois partis se formèrent en effet parmi les Grisons: Ce dernier parti se composa surtout des hérétiques les plus exaltés de la contrée ; et par là se trouvèrent aussi mises en jeu les passions religieuses qui, en envenimant, comme toujours, les questions politiques, devaient à la longue faire la partie belle aux Espagnols.

Les deux principales familles du pays, les Planta et les Salici se mirent à la tête de ces mouvements, les Salici tenant pour la République de Venise et les Planta pour le roi catholique.

Au milieu des dissensions qui se pro- duisirent, le sentiment de Tintérêt général déter- mina cependant l'envoi d'une ambassade au comte de Fuentès, à Teffet de porter plainte relativement à rédificatjon du fort de Monte-Vecchîo, Fuentès, V affaire de la Valteline. Les communes, au retour des ambassadeurs, furent tellement indi- gnées que, loin de ratifier et d'approuver les capitula- tions, elles firent décapiter GasperoBalsega et Lucio Beli, qui en avaient été les coupables signataires i4eti6 juillet Mais le fort, qu'on appela depuis fort Fuentès, resta comme une menace.

Les Trois Ligues, une fois entrées dans cette voie de résistance, où elles savaient qu'elles seraient appuyées par le puissant roi de France, refusèrent aux Vénitiens la continuation de la convention qui leur accordait le passage à travers leurs monta- gnes, concession qui, d'ailleurs, sans qu'elle fût dé- sormais inscrite dans un contrat particulier avec les Grisons, était implicitement départie aux Vénitiens en vertu même de leur alliance avec Henri IV.

Cette situation, qui faisait dépendre de sa fidélité à l'al- liance française sa propre sécurité en Italie, n'était i56 V affaire de la Vaîtehne. Les intri- gués vénitiennes continuèrent donc à agiter les com- munes dans les Trois Ligues. Le parti anticatho- lique étant le plus favorable à Venise, le Sénat employa tous ses efforts à faire passer le pouvoir entre les mains des hérétiques. Les Espagnols prévoyaient qu'on en arriverait vite à des mesures de persécution contre les catho- liques, aussi n'attendaient-ils qu'un soulèvement de ces derniers pour intervenir au nom de la cause dont ils étaient les champions en Europe, afin de se rendre maîtres du pays.

Espagnols et Vénitiens travaillaient ainsi chacun de leur côté à mettre aux prises les partis. Il y réussit jusqu'à la fin du règne de Henri IV. Le ministère du maréchal d'Ancre laissa au contraire le champ libre aux Espagnols. On le vit bien, lorsque le duc de Luynes eut pris en main la direction des affaires et confié à Texpérience des vieux ministres de Henri IV la continuation de sa politique. Les affaires n'étaient pas moins compromises à la même époque chez les Suisses que dans le Piémont ou au Montferrat.

Le premier effet du retour aux affaires des anciens ministres de Henri IV et de leur nouveau chef, le duc de Luynes, fut d'amener dans ces cantons une réac- tion des plus violentes contre les trames de P Es- pagne.

En Tannée 7, le parti protestant, se sentant t. Fascicule de mai , p. Une persécution générale fut ordonnée contre les catholiques. Al- fonso Casali ambas, del Cattolico. Furent cités à comparaître Pompeo et Rldolfo Pianta, Giovan Antonio Giover da Calenca, Luca di Monte et l'évèque de Coire qui, dix ans auparavant avait été rétabli dans son évê- ché, après une longue persécution. Sachant d'avance quelle serait l'issue du jugement, ces inculpés se retirèrent en lieu sûr.

L'évèque n'en fut pas moins condamné à l'exil et les autres à une mort ignomi- nieuse. Mais Jean-Baptiste de Provast, dit le Zamber et Niccolo Rusca, archlprêtre de Son- drio ', tombèrent entre les mains de la justice de leurs adversaires. Le premier fut décapité et le. Les catholiques, qui étaient nombreux, surtout en Valteline, réclamèrent auprès des Trois Ligues. N'étant pas écoutés, les Valtelins se révoltèrent, chassèrent les Grisons et appelèrent à leur secours pftrmy eux, en laquelle je trouve ce seul défaut, que ceux qui ont l'aularicé en mam, eslisenl des jugea A leur dévotion, qui traitent 'rudement ceui de la faction contraire et espargnent leurs amis, s Réplique de M.

Cologne, Pierre du Marteau Il fit occuper par ses troupes tous les points stratégiques des rives de TAdda jus- qu'à sa source, Morbegno, Sondrio, Tirano, Bor- mio, et s'empara également du Val de Chiavenne juillet La Valteline devenait province espa- gnole.

L'Europe et la Valteline elle-même pou- vaient-elles sanctionner cette prise de possession? Telle était la question qui allait, pendant de longues années, être posée d'une manière inquiétante pour la paix générale.

La responsabilité des faits qui avaient [produit cette complication européenne pèse lourdement sur la politique insouciante et débile du maréchal d'Ancre. Le nouveau ministère avait à réparer de grandes fautes, et il ne pouvait avoir recours qu'à une action diplomatique; nous devons montrer ce qu'elle fut, en remontant le cours des événe- ments précédents. S'il est yrai que du choix heureux des agents à l'étranger dépend en grande partie le succès des desseins politiques d'une puissance, on ne saurait nier que les ministres de Louis XIII aient mis la main sur l'homme qui convenait le mieux aux déli- cates fonctions de représentant du roi auprès du pape Paul V.

On se défiait avec raison des hommes d'épée , dont les hautaines susceptibilités et les brusques façons, en matière de négociations, appor- taient souvent de fâcheux obstacles à la conduite prudente des affaires. La volumineuse correspondance du cardinal de Marque- mont a été utilisée, sous forme d'extraits bien incomplets, dans le recueil d'Aubéry.

Elle mériterait Thonneur d'une publica- tion intégrale. Cest à ce dernier, qui a été dépouillé par nous, que nous renvoyons dans nos indica- tions en note. L'affaire de la Valteline.

Elle depesche encore extraordînairement en Hollande pour les divisions qui sont parmy les estats des Provinces- Unies pour empes- cher le progrès d'icellcs. Le feu roy a estahly cette nou- velle respublique. Ils nous ont veu faire cy devant. La tâche n'était pas facile , car Paul V désirait une intervention active de la France dans les conflits engagés; sans la réclamer ouvertement à regard de Ferdinand d'Autriche, il l'invoquait en faveur des catholiques de Suisse, et il sollicitait comme premières mesures l'interdiction du trans- port du sel de Bourgogne en Suisse, et la suspension des subsides payés par le roi aux Grisons et aux Va- laisiens.

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Di H1 ce ne sono più di 1. In totale ci sono 32 immagini sul sito web. In una poesia scrive "sono il primo che porta questo nome", e precisa: Si chiamava in realtà Frédéric Sauser-Hall.

E la sua stessa biografia è un romanzo, in parte misteriosa, in parte inventata. Una leggenda fa nascere il poeta a Parigi, in un albergo della rue Saint-Jacques. Ma Frédéric nasce in realtà nel a La Chaux-de-Fonds, in Svizzera, da padre svizzero e madre scozzese.

A sette anni Frédéric è in collegio a Napoli, mentre il padre compra e vende terreni al Vomero. Viaggia con la famiglia in Egitto, in Inghilterra. A quindici anni, quando la famiglia si è stabilita a Neuchâtel, prende il treno per Basilea, attraversa la Germania, segue in Russia un trafficante ebreo. Con lui viaggia Russia, in Cina, in Armenia, in India.

Si rifiuta di sposare la figlia del commerciante, è denunciato, fugge in Asia Minore, sbarca a Napoli. A vent'anni, nei sobborghi di Parigi, si occupa di apicoltura. Due anni dopo, a Bruxelles e a Londra dove divide la camera con Charlie Chaplin , lavora come giocoliere e clown in un locale notturno.

Poi in Russia, negli Stati Uniti, in Canada, a Winipeg lavora in una trattoria , ad Anversa lavora in una società di navigazione , poi di nuovo a New York. Tornato a Parigi, pubblica a sue spese Pasqua a New York. Tra i presenti Apollinaire, che ascolta in silenzio, ad occhi chiusi. L'anno dopo Apollinaire pubblicherà Alcools , salutato come esordio della poesia d'avanguardia. Ma il debito nei confronti di Cendrars è grande.

Due anni dopo, Sauser è volontario nella Legione Straniera. Gravemente ferito da una scheggia di granata, subisce l'amputazione del braccio destro. E per reazione prende a praticare gli sport più violenti e pericolosi, dalla boxe all'automobilismo. Studia inoltre stenografia e rifiuta l'arto artificiale.

Con un gruppo di zingari, conduce vita nomade nelle campagne francesi. Si ritira in una fattoria abbandonata. Fonda una casa editrice.

Si occupa di cinema, a Roma. Nel si imbarca per il Brasile; l'anno dopo torna in Francia e in un mese scrive L'oro. Termina Moravagine , storia romanzata dei suoi anni giovanili.

Tra il e il viaggia lungamente nell'America del Sud. Si dedica al giornalismo, corrispondenze di viaggio e poi, con la seconda guerra mondiale, dal fronte. Dopo la rottura del fronte, lunga peregrinazione per le strade di Francia sulla sua Alfa Romeo disegnata da Braque.

Una serie di interviste radiofoniche, nel , lo rendono finalmente noto. Nel , colpito da paralisi, è costretto all'immobilità. Lo ritira la seconda moglie, famosa attrice. Quattro giorni dopo Cendrars muore. Tu m'as dit si tu m'écris Ne tape pas tout à la machine Ajoute une ligne de ta main Un mot un rien oh pas grand chose Oui oui oui oui oui oui oui oui Ma Remington est belle pourtant Je l'aime beaucoup et travaille bien Mon écriture est nette est claire On voit très bien que c'est moi qui l'ai tapée Il y a des blancs que je suis seul à savoir faire Vois donc l'oeil qu'à ma page Pourtant, pour te faire plaisir j'ajoute à l'encre Deux trois mots Et une grosse tache d'encre Pour que tu ne puisses pas les lire.

Et mes yeux eclairaient des voies anciennes. Et j'etais deja si mauvais poete Que je ne savais pas aller jusqu'au bout. Le Kremlin etait comme un immense gateau tartare croustille d'or, Avec les grandes amandes des cathedrales, toutes blanches Et l'or mielleux des cloches Un vieux moine me lisait la legende de Novgorode J'avais soif Et je dechiffrais des caracteres cuneiformes Puis, tout a coup, les pigeons du Saint-Esprit s'envolaient sur la place Et mes mains s'envolaient aussi avec des bruissements d'albatros Et ceci, c'etait les dernieres reminiscences Du dernier jour Du tout dernier voyage Et de la mer.

The greatest poet of the Cubist epoch was Pierre Reverdy, because he had distinguished emotions. The next was Gertrude Stein, because she had none. Both had perfect ears and impeccable style. Blaise Cendrars , like Max Jacob, was a professional personality of the same period, rather than an artist.

Henry Miller wrote about Cendrars extensively and admired him greatly. They have a good deal in common. Both Cendrars and Miller present themselves to the public as livers rather than artists, and both have a talent for engaging implausibility, which sometimes catches them short. Actually this sort of thing is just as literary as Walter Pater or Henry James. Blaise Cendrars portrays himself in his poetry as a more picaresque and more robust and very French Whitman, a nonchalant knockabout who had been for to see and for to admire in all the most remote and exciting parts of the world.

San Bernardino, California, is built in the center of a verdant valley, watered by a multitude of little brooks from the neighboring mountains. Trout pullulate in these brooks; innumerable herds graze in the fat fields and the shepherd stuff themselves with the local fruits, which include pineapples.

So it goes on. Hilaire Hiler used to read this whole poem, ad-libbing all sorts of French-pronounced Westernisms with hilarious effect on the select audience in the old Jockey on Boulevard Montparnasse. As a poet of tourism, he is less convincing than Valéry Larbaud and his world-wandering, world-weary billionaire, A. Yet convincing he is, not for what he pretends to be, but for what he is. He is the poet of the lumpen demimonde , of the sword-swallowers, escape-artists and streetcorner acrobats in the cheap hotels back of the Gaïté, of the worn and innocent whores of the Passage du Départ with runs in their stockings and holes in their shoes.

This is not true of other poets of the métier , who sublimate the idiom with their own sentiment. This is the sort of thing that translators seem unable to catch. Yet Cendrars was also intellectual and the introduction to these translations makes much of his writing on poetics. His ideas are pretty much the orthodoxy of the Cubist period and now have the musty smell of dead café conversation.

Our principal emotion on reading Cendrars today is nostalgia for him and his friends and the beautiful epoch in which they came to maturity, and this is greatly reinforced by the fact that nostalgia is also close to being his own principal subject. Far away at the ends of the earth he meets a wandering tart on a transcontinental train and all the sordid purgatorial excitement of the streets of Paris lit with prostitutes floods back on him.

The Far West or the Argentine pampas, which he probably never saw, are symbols of lost innocence and glamour. Soon he was writing free verse in the English sense, a little like the early, best poetry of Carl Sandburg or even more like the long swaying rhythms of Robinson Jeffers. His translators do not manage to transmit these virtues. To translate him successfully, it would be necessary to have either shared his background and his attitude toward it or to be a consummate actor able to project oneself imaginatively into almost complete identification with his personality.

However, this book contains the French texts on facing pages, and the English is usually not too far off to serve as a pony. The youngest generation of American poets should find Cendrars stimulating. Nothing less like the imitation Jacobean verse of the older Establishment and the Pound-Williams-Olson verse of the new Establishment could be imagined.

People are trying to write like this again and Cendrars could be of help — although the world of the working-class Bohemia of the slums of Paris that gives his poetry its special quality is utterly vanished from the earth.

Blaise Cendrars is one of the first to introduce modernity into twentieth century poetry. With his style he ushers in a spirit of innovation into writing, he works diligently and tirelessly to find a way to express himself, a way to write his life. I need ten years and I will find my own language.

For Cendars Trans-Siberian is the transition to a self-defined and elaborated poetic style. He solidifies that style, emphasizing the key to his poetry in the title. In it he discovers the hymns and free verse of the medireview monks of Saint-Gall. Cendrars finds Le Latin Mystique a profoundly humane work, and searches for a way to appeal to the populace at large with his writing, seeking to reverberate in as many layers of the reading public as possible.

Poem seemed to me too pretentious, too narrow. Prose is more open, popular. His vocabulary is often offensive to the contemporary aristocracy and his versification is deemed unorthodox.

Cendrars is full of vigor and initiative. He constantly travels, he writes, and, after becoming better known and recognized for his poetic genius, he starts up magazines, he is an art critic, he publishes unknown authors, he explores the spaces between the obvious, he wants to get to the bottom of suffering.

The Trans-Siberian describes his initiation or crossing over into manhood, both sexually and spiritually. Having lived in St. Petersburg, in New York, in London, in Switzerland, having visited an enormously large part of the world and fought in World War I, he is one of the more cosmopolitan poets of the time. This knowledge of the world, of literature, of war and of international lore can all be seen in the Trans-Siberian. The violence of the poem as well as the many references to war and death are associated with the Russo-Japanese war , and the Russian Revolution of , two events that Cendrars witnessed while in Russia.

The work of Cendrars resonates with as much force now at the other end of the twentieth century, as it did in his time. It builds a bridge for us to cross from the beginning of the 20th to the beginning of the 21st. Blaise Cendrars wrote in French and spent much of his life travelling restlessly. He did his best to fictionalize his past and his biographers have had much difficulties separating fact from fabulations.

Cendrars's most famous novels, Sutter's Gold and Moravagine, both from , have been translated into more than twenty languages.

In his novels, featuring resilient heroes, Cendrars used often his cosmopolitan wanderings as a way to discover inner truths. He was educated in Neuchâtel, and later in Basle and Berne.

At the age of 15 he ran way home - according to a story he escaped from his parents but another version tells his family gave up keeping him in school. Cendrars worked in Russia as an apprentice watchmaker and was there during the Revolution of In he entered the university of Berne but settled in in Paris, adopting French citizenship.

During his life Cendrars worked worked at a variety of jobs - as a film maker, journalist, art critic, and businessman. Before becoming writer he even tried horticulture and never stopped trying to earn his living by extra-literary activities. In World Authors ed. Some doubts have arisen whether he stoked trains in China in his youth, but perhaps this is more important from the biographical point of view than literary - the memoirs of Marco Polo, Cellini and Casanova and the autobiographical novels of Jean Genet and Henri Charrière are read in spite of reliability in all biographical details.

Like the protagonist of Les confessions de Dan Yack , Cendrars was a man of action, who avoided "literary" flavor in his prose, and a man of contemplation, who had almost obsessive need for exotic experiences.

In Easter in New York he wrote: In his early experimental poems Cendrars used pieces of newsprint, the multiple focus, simultaneous impressions, and other modernist techniques. La prose du Transibérien et de la petite Jeanne de France , a combination of travelogue and lament, was printed on two-meter pages with parallel abstract paintings by Sonia Delaunay. Le Panama ou les aventures de mes sept oncles was in the form of a pocket timetable. Cendrars was closely associated with Cubism but he also published poetry Jacques Vache's Lettres de guerre , which was edited by Philippe Soupault, André Breton and Louis Aragon - founders of surrealism in literature.

Prose of the Transsiberian contains impressions from Cendrars's real or imaginary journey from Moscow to Manchuria during the Revolution and Sino-Russian War. As the train of the title speeds through the vast country, Cendrars mixes with its movement images of war, apocalyptic visions of disaster, and fates of people wounded by the great events.

Cendrars traveled incessantly and after became involved in the movie industry in Italy, France, and the United States. During World War I Cendrars joined the army. He served as a corporal and lost in in combat his right arm. Ten years later he became friends with Henry Miller ; their correspondence was published in in English. During a two-week stay in in Hollywood he wrote his impressions for Paris-Soir in series of articles which were collected in Hollywood, la mecque du cinéma It depicts with wry humour the movie industry and the town's people.

Films were one of Cendrars's passions - he had worked as early as in with the director Abel Gance. By Cendrars had ceased to publish poetry. Among his famous prose works in the s is L'or Sutter's Gold , a fictionalized story of John Sutter, a Swiss pioneer, who started the great gold rush in the northern California, built there his own empire but died in poverty. According to a literary anecdote, Stalin kept this book on his night table.

Sutter's Gold can be read as the author's exploration of his inner self, like the semi-autobiographical novel Moravagine 'Death to the vagina'. In it Cendrars followed a madman, a descendant of the last King of Hungary, and a young doctor on their worldwide adventures from the Russian Revolution and to the First World War. Moravagine's madness becomes comparable with the dissolution of world and the chaotic disorder of life.

There's only action, action obeying a million different impulses, ephemeral action, action subjected to every possible imaginable contingency and contradiction. The Russian filmmaker Sergei Eisenstein tried to arose Hollywood's interest in Sutter's Gold on his trip there in the s.

Cendrars offered Wyler his services as a screenwriter, and hopefully wrote: Eventually James Cruze directed the film version, which was released in Le gouvernement de la I. Rochelle élaborait en même temps sa fameuse division de la France en cercles, qui n'était rien moins qu'une véritable organisation insurrection- nelle contre le gouvernement établi.

Le duc de Luynes, jugeant qu'il n'y avait plus de concession à offrir aux protestants, résolut de satisfaire tous les mécontents de la cour dont il im- portait de s'assurer l'assistance. Rencontrant son adversaire, le duc de Nevers, dans l'antichambre du rapporteur de l'af- faire, le cardinal de Guise l'avait frappé à la tête, et son frère, le prince de Joinville, avait mis l'épée à la main pour protéger le provocateur contre les représailles du duc de.

Mais il avait ainsi mécontenté à la fois la maison de Guise et la maison de Bourbon. Le duc de Guise avait un autre grief contre le gou- vernement. Il prétendait que la connétablie lui avait été promise sous la régence de la reine mère; Le duc de Luynes connétable. Il résultait de ces discordes et de ces mé- contentements que beaucoup de princes s'étaient retirés de la cour , et Ton pouvait redouter une scis- sion qui séparerait du gouvernement les plus pro- ches alliés de la maison royale; le duc de Nevers, le duc du Maine et le duc de Longueville semblaient, en effet, sur le point de former ua parti avec le comte de Soissons et M.

La main souple du connétable sut dénouer ces complications. Il fit prier par le roi lui-même les ducs du Maine etde Nevers, retirés à Charleville, de reve- nir à la cour. Par cette alternative, qui faisait plus ressortir l'ambition ou l'avidité du comte de Sois- sons qu'elle ne faisait honneur à la "délicatesse de ses sentiments, on eut raison de son opposition.

Il déclara qu'il viendrait s'humilier aux pieds du roi. Quant au duc de Guise, qui n'avait pas fait preuve d'une bien grande bravoure dans l'affaire survenue à son frère, et qui, par forfanterie, s'était vanté de le tirer de la Bastille, il se trouva fort satisfait d'être af- franchi de cette obligation par la délivrance du car- dinal que le roi fit élargir de Vincennes.

La conduite du gouvernement vis-à-vis du prince de Condé fut non moins adroite. Gomme on ne voulait pas l'employer dans l'armée d'opérations, il fut chargé de tenir en respect les provinces du centre et envoyé dans cette intention en son gou- vernement du Bourbonnais. Parmi les plus difficiles à satisfaire, se trouvait sans contredit la reine mère. Quand la cour avait été s'installer à Saint-Germain, elle avait refusé de Ty accompagner, en disant que Tair de cette rési- I.

Ce n'était cependant pas que le duc de Luynes, surtout depuis Tafifaire de la comédie, manquât d'égards vis-à-vis d'elle, ou qu'il cherchât à l'humilier. Marie de Médicis occupait au con- traire à la cour "un rang éminent et recevait de toutes parts, sans que le connétable en.

Elle envoya son maître des cérémonies, M. Bonneuil, avec beaucoup de bonté, pour me les de- mander, et m'offrir en échange deux autres chevaux ou un prix équivalent. Sans doute les derniers mots du diplomate indiquent dans l'esprit du roi un fond de défiance incontestable à l'égard de Marie de Médicis ; celle-ci avait cependant retrouvé assez de crédit auprès de son fils et par conséquent assez d'autorité dans le gouvernement pour que l'adroite politique de Venise crût bien faire en Ja mettant Le duc de Luynes connétable.

C'est là encore de la part du duc de Luynes, le maître absolu des affections du roi, une marque d'intelligence et de sagesse, dont n'ont pas tenu assez de compte ceux qui accusent Tâpreté de son inimitié à Tégard de la reine mère. Le cardinal de Richelieu consacre cependant plu- sieurs pages de ses Mémoires à représenter Marie de Médicis comme victime à cette époque des ca- lomnies et des persécutions du duc de Luynes: Richelieu n'apporte aucun fait précis dans le débat.

On nous saura gré d'invoquer le té- moignage d'un partisan de la reine , le résident florentin Giovanni Battista Gondi, accrédité à la cour de France, pour trouver des éléments de dis- cussion plus saisissables que ceux que nous four- nissent les Mémoires du cardinal.

Quant à Tautorité, elle en est dépour- vue; si elle désire quelque chose, il faut qu'elle le demande à Luynes, comme une personne pri- vée ; elle est maintenant dans les fers et ne peut plus s'en tirer. C'est là une situation que chacun prévoyait. Le confesseur du roi va s'employant pour lui faire donner quelque sorte de satisfaction ; mais son mal n'est point de ceux qui cèdent à des calmants. Suivre le roi lui paraissait humiliant, et elle pouvait redouter avec raison les fatigues d'une campagne.

Mais pouvait-on la laisser à Paris derrière le rpi? Il y avait là une question politique dont un gouvernement prudent devait se soucier, et il I. Cest le résident florentin qui nous Tapprend: Il savait bien que si le gouvernement se décidait à laisser la reine mère derrière lui, des pré- cautions seraient prises pour l'empêcher de s'enga-. Aussi paraissait-il préférable à l'évêque de Luçon que Ma- 6o Le duc de Luynes connétable.

L'avis était politique et le conseiller de la reine mère le donna. Mais l'auteur des Mémoires l'oublie à dessein ; la raison d'État, qu'il n'est point homme à méconnaître, était, dans toute cette affaire, du côté du connétable de Luynes, et celui-ci sut, d'autre part, entourer ce que les nécessités poli- tiques avaient de dur pour la reine mère, de toutes les atténuations compatibles avec la sûreté du royaume. Richelieu le savait; mais un pareil aveu eût compromis l'échafaudage de ses accusations.

Le gouvernement céda, c'est là un fait certain, aux instances de la reine mère. L'ambassadeur m florentin le dit dans les Wmes suivants: Le roi a reçu le conseil , particuliè- rement du cardinal de Retz et du père Arnoux, de donner à la reine cette satisfaction, afin de ne point la jeter dans des mécontentements encore plus graves que ceux qu'elle a éprouvés jusqulà présent.

Pour faciliter les choses, elle n'a rien négligé de ce qui peut faire toucher du doigt que son séjour à Paris ne saurait en rien porter préjudice à sa bonne réconciliation avec le roi, et cela parce qu'elle ne le peut et qu'elle le veut encore moins. Ainsi la sa- tisfaction que la reine tient à avoir vis-à-vis du monde, ne lui est point refusée. On ne saurait blâ- mer le gouvernement, cette concession faite, de n'avoir point abandonné à Marie de Médicis ce qui était au fond l'objet véritable de ses désirs, le gouvernement de la capitale.

Le commandement de Paris et de l'Ile-de-France fut maintenu entre les mains du duc de Montbazon, beau-père du con- nétable ; et le duc de Luxembourg, frère de ce der- nier, dut rester à Paris, par surcroît de précaution.

Cet arrangement ne paraît point avoir satisfait Marie de Médicis. Libre de rester à Paris, elle ne tarde point à se sentir prise du goût de voyager. Mais ce dernier parti n'agrée peut-être point ; en outre, on laisse à Paris, avec une partie du conseil, le duc d'Anjou dont le gouvernement aime à la voir aussi éloignée que possible. Aussi demande-t-elle maintenant à aller résider à Angers, jusqu'à ce que le roi soit de retour de la guerre. Elle compte profiter de ce voyage pour mettre en ordre les affaires de son gouvernement.

Il est donc question de la laisser ainsi que la jeune reine à Tours ou à Poitiers. Il n'en est pas moins vrai que ce manège n'était pas de nature à rassurer d'une manière absolue un gouvernement qui trou- vait la plus grande partie de sa force dans la dé- fiance et dans les ménagements.

Ce fut une des fatalités de la campagne qui allait s'ouvrir que d'avoir été retardée par des nécessités de tout ordre et au dernier moment par un acci- dent imprévu: Cet événement jetait dans la famille royale un deuil qui suspendit l'ouverture des opé- rations de guerre. En serait-il de même sous le règne du frère d'Anne d'Autriche?

Comme le doute à cet égard pouvait être permis, le gouvernement français se trouvait dans la néces- sité de frapper d'une façon rapide et décisive sur ceux que l'on considérait non sans raison comme un appui de la politique espagnole à l'intérieur du royaume, les protestants.

Louis XIII ne donna donc aux larmes que le temps exigé par les convenances, et partit de Fontainebleau le 1 8 avril, laissant en arrière les deux reines, son frère et Madame, qui célébrèrent dans cette résidence les funérailles. Dans le même temps, M. Ilfavore recalcitra alpossibile la via deîV armi Onde hora quel paese e posta intieramente in sicuro per gV interessi del re essendo circondato da per tutto dalle for: C'est là en effet que se préparait la pre- 1.

Il avait été un des meilleurs officiers de Henri IV. Consulter, pour l'histoire de la campagne, les opuscules suivants assez rares: La ville était sans munitions; un convoi de poudre, dirigé sur Saint-Jean par le duc de la Force, avait déjà été saisi par la cavalerie du roi que commandait M.

Louis XIII montrait autant de décision et de fer- meté dans ses paroles que dans ses actes. Il fit dire à M. Une heureuse modification s'opérait alors dans le I.

Le duc de Luynes semblait réussir à faire enfin de lui un homme et un roi. Depuis qu'il a pris cette résolution, il se livre avec une extraordinaire application à l'étude des mathématiques ; il est penché unt bonne partie du temps sur des plans de forte- resses, il se plaît à mettre des canons en batte- rie, à la stupéfaction générale de tous ceux qui connaissent le caractère et les goûts de S.

Avant de partir de Saumur, il avait été en pèlerinage à N. Ce réveil de la royauté, dû en partie à l'influence I. Henri IV semblait revivre dans son fils par des mots heureux et expressifs. Un envoyé de Saint-Jean-d'Angély ayant représenté au roi que les habitants de cette ville voulaient être les plus dévoués serviteurs et obéissants sujets de S. Aujourd'hui Louis XIII ne les craint pas et ne peut les aimer, parce qu'ils ont arrêté le cours de la justice , fermé les bouti- ques, fait passer en Angleterre les bouches inu- tiles, et qu'ils se préparent ainsi à la défense jusqu'à leur dernier souffle.

Le comte de Saint-Paul prit Jargeau par composition ; on s'assura en Bretagne de Châtillon et de Vitré; on récompensa Pontorson de cent mille écus ; on dé- sarma les Huguenots à Blois,àTours, à Rouen, au Havre, à Caen, à Dieppe, à Saint-Quentin, à Viti-y, et en plusieurs autres places dans les provinces ; on les défit, lorsqu'ils commençaient à s'assembler, en Beauce, Vendômoîs et Dunois; on usa de semblable diligence dans les autres lieux où ils voulaient faire le même.

Il se refusa à traiter, sans un ordre de l'assemblée de la Rochelle. Des canons, disposés sur trois hautes tours, com- mandaient toute là campagne et rendirent désas- treuses les premières attaques de l'armée royale. On crut déjà voir pâlir l'étoile du connétable. Le siège de Saint-Jean-d'Angély. Le roi n'a point a sa disposition laquan- tité d'instruments nécessaires pour mener à fin une telle besogne.

Il y a peu de canons, les munitions sont rares. Ceyx qui ont guidé le roi ont cru que la seule présence de S. C'est pourquoi ils ont pris une assurance excessive, et n'ont pas eu soin de donner les ordres qui convenaient.

Cette résistance a été pour eux parfaitement inattendue. Le connétable ne trouve point partout l'obéissance qu'il est en droit d'at- tendre. Le maréchal de Lesdiguières, bien qu'il ait en apparence la direction suprême de la guerre, est gardé conîmebn otage et il est plus bloqué et assiégé que ne Test Saint - Jean - d'Angély même. S'il donne un conseil, on ne le croit pas ; s'il fait quel- que chose, chacun a les yeux sur ses mains.

Le roi est, à l'heure actuelle, plein cle colère, il se plaint amèrement de ceux qui lui ont représenté comme facile cette entreprise, et qui se sont fondés pour le dire, sur les événements de Tannée dernière, dont le succès est dû plutôt à un effort vigoureux de fa 72 Le siège de Saint-Jean-d Angély. Nous ne mécon- naissons pas la-part de responsabilité du connétable dans ces premiers échecs d'une campagne qui de- vait si mal finir pour lui.

Mais il paraît certain que ce n'est pas le duc de Luynes, qui est principale- ment visé dans ces appréciations sévères de l'am- bassadeur vénitien; ce sont les violents du con- seil, ceux qui poussaient à une guerre à fond, et nous savons que le connétable n'était point de ceux-là.

Il nous semble même avoir parfois poussé bien loin l'esprit de mansuétude et de conciliation comme dans la circonstance suivante: Ce procédé sommaire rencontra une vive opposition de la part des généraux: Créquy prit la parole ; il exposa qu'il faisait souvent des reconnaissances, accompagné d'un seul cavalier et qu'il pouvait lui arriver d'être pris.

On le pendrait donc, lui aussi, par représailles. Il termina en disant qu'après tout on était en France et non pas chez les Turcs. Cependant les renforts amenés de tous côtés à Tannée royale rendirent bientôt imminente la prise de Saint- Jean-d'Angély.

Cependant, bati- tus par trente-huit canons, ils virent leurs bastions ruinés, leurs maisons détruites et la brèche ouverte. Il fallut enfin se résigner à capituler. L'ambassadeur de cette puissance protesta en effet avec vivacité contre l'ouverture des hostilités. Louis XIII ne put dissimuler son mécontentement, et le connétable, qui vis-à-vis de prétentions étran- gères trouvait plus d'énergie qu'en face des protes- tants, dans un élan d'indignation, fit à l'ambassa- deur anglais l'affront de ne point l'accompagner à sa sortie.

Mais la réponse officielle aux tentatives d'intîmî- I. En conséquence, il lui demandait d'é- crire en Angleterre afin de savoir et de rapports ensuite, sur des instructions positives, si le roi de la Grande-Bretagne avait l'intention de protéger les rebelles de la couronne de France, Dans le cas de l'affirmative, le roi donnerait alors la.

Le ton péremptoire de cette note eut-il pour effet de déconcerter le gou,- vernement anglais? Saint-Jean-d'Angély se rendit le 25 juin. Le roi fit ranger toute son armée en bataille et se plaça, entouré des princes et de ses officiers, sous un pa- villon, hors la ville.

En même temps, le maréchal de Lesdiguières faisait sortir de la place les régi- ments de M. L,es soldats de Soubise mar- chèrent, en effet, en armes, Pépée au côté, le iftousquet sur l'épaule et les piques droites ; ils défi- lèrent ainsi devant le roi, et en passant à sa hauteur, ils mirent genou en terre, pour montrer qu'ils de- mandaient pardon.

Louis XIII les regarda l'air grave et dédaigneux. Le reste de la garnison suivit. Deux mille hommes se présentèrent, l'arquebuse renversée sous le bras et un bâton à la main. Les piquiers se rangèrent derrière les piques et tous derrière les drapeaux, pour s'agenouiller comme les premiers devant le trône du roi. Louis le considéra avec sévérité et lui dit: Et sans rien ajouter, il le congédia.

Cinquante charrettes entrèrent ensuite dans la place pour emporter les bagages de ceux qui vou- lurent partir, et M. Les appréhensions de ceux qui s'enfuirent ne furent que trop justifiées. Malgré la présence du duc d'Épernon et du maréchal de Lesdiguières, on ne put empêcher la troupe de mettre à sac les maisons des habitants et de commettre des violences et des rapines partout où ils le purent.

Ces incidents re- grettables, quoique difficiles à éviter dans une guerre soutenue avec beaucoup d'acharnement et peu de bonne foi par les protestants, exaspérèrent I. Angély , à un tel point le duc d'Épernon et M. Pendant que le roi poursuivait sa marche victorieuse sur Cognac, M. Le gouvernement prenait dans le même temps la sage résolution de faire bloquer la Ro- chelle par terre et par mer; c'était là, en effet, qu'il fallait atteindre l'ennemi.

On eut tort de ne point s'arrêter définitivement à ce parti. Le siège delà Rochelle parut prendre au commen- cement une tournure sérieuse. Le siège de cette ville devait être la faute capi- tale de cette campagne pour Tarmée ro5'ale ; mais les Protestants ne comptaient pas sur un succès, et ils songeaient à se tirer du mauvais pas où ils se trouvaient engagés. Aucun compte de cette mise en demeure n'ayant été tenu, le roi décida la formation d'un corps de 12, hommes, qui fut placé sous le commande- ment du duc d'Épernon, pour réduire de nouveau le Béarn à l'obéissance.

De- vant ces dispositions menaçantes, le duc de La Force sollicita un sauf-conduit pour venir traiter. Sa-demande fut repoussée; on lui permit toutefois de se retirer à Bordeaux ou dans une autre ville du royaume, et il lui fut déclaré que, si son mari ne s'humiliait point au gré du roi, l'intention du gou- vernement était de.

Un signe manifeste de l'heureux effet produit par ces événements et des espérances que l'on fon- 1. Dans ce triomphe, qui ne fut que momentané, il faut faire grande la part du connétable de Luynes ; mais disons tout de suite qu'il s'en exagéra l'im- portance. Vous le voyez par tout ce qui s'est passé. Il ne nous manque que les jambes pour aller plus vite, car elles ne peuvent point suf- fire au chemin qu'il nous faut faire. Vous saurez que M. Il ne reste plus à La Force que Clérac, où il s'est retiré.

Je crois que c'est là qu'il voudra capituler et faire son accord. Je ne sais point encore de quelle Êirine sera le pain. Je crois qu'il ne peut plus y avoir de résistance contre un roi légi- time et contre le Dieu plein de bonté qui le tient par la main. Si les choses coiitinuent à aller comme maintenant I.

L'ambassadeur donne dans sa dépêche une traduction en italien de cette lettre; on retrouve facilement a forme française sous les mots italiens. Le siège de Saint-Jean-d'Angely. Dieu conserve nos enfants. De Saint-Émilion, le lo juillet Quel que soît le jugement définitif qu'on portera sur le duc de Luynes, quelques réserves qu'on puisse faire sur le fond même de cette lettre, il ne nous a point paru sans intérêt de la restituer à Thistoire avant d'entrer dans le récit des événements funestes au milieu desquels sombrèrent la confiance, la for- tune et l'existence du connétable.

Il a des attentions, non-seulement pour les capitaines, mais pour les simples soldats ; il paraît souvent tout armé, et Tépée ne quitte 86 Le siège de Montauban. Il est résolu en telle manière de venir à bout de son entreprise, qu'il répond avec une véritable irritation à ceux qui lui parlent en sens contraire.

Il dit qu'il se trouve sur le chemin de devenir véri- tablement roi de France, et que quiconque voudra Ten détourner ne sera jamais son ami. Car, s'il arrache des mains des huguenots les places quHls possèdent, il leur enlèvera par suite cette puissance sans laquelle les mécontents, qui inquiètent si sou- vent le roi et le royaume, se trouvent dépourvus de tout fondement solide sur lequel ils puissent s'appuyer.

Lorsque plus tard, le même ambassadeur, moins bien inspiré cette fois, croyait encore devoir repré- senter au chancelier Brûlart que la guerre faite par le roi aul protestants à Tintérieur pouvait être nui- sible aux intérêts français qui se trouvaient en jeu à Textérieur, il s'attirait de la part du vieux ministre cette réponse qui ne dénotait ni la crainte, ni l'impuissance: Ce châti- ment, il le peut discontinuer quand il lui plaira, et employer ses forces contre qui bon lui semblera.

L'assemblée ordinaire du clergé, qui se tenait tous les deux ans, commença au mois de juin à Paris ; elle fut transférée à Poitiers et de là à Bordeaux. Le clergé était soutenu dans ses velléités de résistance par la mau- vaise humeur du nonce Corsini', qui avait enfin re- joint la cour, où il avait reçu un accueil des plus I.

Le clergé montra peu d'empresse- ment à satisfaire le roi ; l'archevêque de Lyon et d'autres députés de l'assemblée vinrent lui donner dans son camp de Clérac une première réponse évasive: Le roi, qui avait, au commencement de l'année, exigé des officiers de justice d'assez lourds sacrifices, n'était pas disposé à reculer devant ces tergiversa- tions du clergé. Le gouvernement menaça les pré- lats d'une aliénation des biens de l'Église, et ouvrit des négociations à ce sujet avec le Saint-Siège.

Voir le rôle de M. Il démontra que la perte de nombreuses juridictions, qui résultait de ces aliénations, nuisait sensiblement à Tautorité et à la dignité de T Église de France. Marquemont parlait en bon prêtre, et il agit en politique adroit, lorsqu'il fit suggérer au pape, qui fulminait contre le projet d'aliénation, ridée d'écrire un bref pour engager l'assemblée à voter la somme demandée.

Mais, encouragé par une série de succès, le connétable voulut aller trop vite. Le gou- vernement ne sut point profiter, à l'aide d'une démonstration militaire plus sérieuse, de ces cir- constances favorables. On courut en Guyenne où le duc de Rohan et M. La résistance énergique de la pietite ville de Qé- rac, sur le Lot, fut un des premiers signes des dif- 1.

La mort commençait à frapper des coups sensibles autour du roi. Le nonce du pape, l'ambassadeur florentin, Bassom- pierre et Richelieu, en se complétant l'un l'autre, nous donnent avec détail la suite des événements.

Il était cardinal, mais simplement diacre; esprit plus porté à l'exercice des armes qu'à celui des lettres. On connaît la violence de son animosité contre le duc de Nevers. Écrit apologétique de sa valeur et de son animosité contre les protestants, c A ses der- niers moments il se tourna vers monseigneur le duc de Che- vreuse etluy dist: Son testament, imprimé, est cu- rieux: Voir, à ce propos, la curieuse dép.

Richelieu est sans pitié pour cet acte: Ce qui fit dire à monsieur le Prince que si on voulait distinguer le temps, il était propre à toutes les charges ; bon garde des sceaux en temps de guerre et connétable en temps de paix. Le futur cardinal de la Rochelle ne devait-il pas un jour causer au monde un étonnement non moins grand que le connétable, dans la circonstance présente, lorsqu'il déposa son bréviaire pour se mon- trer un Quinte-Curce à la main?

Nous Pavons déjà dit, Luy nés était un politique plutôt qu'un militaire; les fonctions du garde des sceaux, par les mains de qui passait toute la correspondance du gouverne- ment, et qui conduisait dans le détail les négocia- tions de tout ordre à l'intérieur et à l'extérieur, avaient une importance exceptionnelle au point où Ton en était.

Luynes avait à faire face à une situa- tion qui se compliquait au dehors ; à l'intérieur, il n'avait pas encore perdu tout espoir de résoudre par composition les difficultés qu'il sentait devenir plus graves. Or il était entouré de pièges.

La ville était admirablement défen- due par sa position sur une éminence de la rive droite du Tarn et par les faubourgs avancés de la Ville- Bourbon sur la rive gauche au S.

O;; du Moustier sur la rive droite au S. Tous ces points étaient solide- ment fortifiés. Les principaux points d'attaque furent répartis entre le connétable établi en face de la Ville-Nouvelle, le duc du Maine, en face delà Ville-Bourbon, et le prince de Joinville, en face du Moustier. Les maréchaux de France furent placés sous le commandement de ces chefs. Toute l'histoire du siège de Montauban s'explique par cette considé- ration.

Uhonneur de la défense appartient à M. Dès le début, les maladies se mirent dans l'armée du roi et se répandirent dans tous les environs ; quatre cents hommes périrent en quelques jours. Monsieur, frère du roi, qui donnait alors de grandes espérances, et dont l'ambassadeur vénitien vante l'amabilité et la vivacité d'esprit, fut un des premiers atteints, et son cas parut pendant quel- ques jours désespéré '.

On défendit au roi de le 1. Par un singulier hasard, milord Hay, vicomte de Donchester, envoyé extraordinaire de 4a Grande- Bretagne, qui était venu encore ajouter aux embar- ras du gouvernement de nouvelles inquiétudes, en déclarant que le roi son maître ne se croyait plus en mesure d'empêcher ses sujets de venir en aide à ceux de la religion réform.

Il n'y avoit bonne femme qui ne luy coupast un lopin de sa robe. Il fallut songei" à rendre efficaces les attaques de vive force. Les premières avaient çté infructueuses, et plusieurs fois, les assiégés avaient fait sauter les poudres du roi.

Le roi déclara qu'il ne vou- lait pas perdre ainsi la fleur de sa noblesse et de ses soldats. Le roi sentît vivement cette perte', et il eut raison, car ses affaires ne cessèrent d'empirer depuis ce malheur.

Le surnaturel semblait cependant se porter au secours des efforts de l'armée royale. Mais , en approchant d'elle, ces météores palis- saient, se dissolvaient et disparaissaient.

Le camp royal se trouvait dans la confusion après la mort du duc du Maine, et le roi fit un suprême appel à toute la noblesse du royaume pour finir le siège..

Les protestants commençaient à se soulever dans la Normandie, sous la cpnduite de M. On enrôlait jusque dans Paris des soldats pour faire la guerre au roi, et Louis XIII était obligé de recourir aux ré- serves d'argent renfermées dans la capitale. Le roi aurait pu compter cependant encore sur le succès final de ses opérations, si l'on était parvenu à disperser l'armée de secours, dont l'approche était annoncée vers la fin du mois de septembre.

Dans la nuit du 28, un homme d'action, Beaufort, gentilhomme des Cévennes, tente le coup de main ; il avait divisé le secours en trois corps. On chanta le Te Deum à Paris; mais il était évident que la levée du siège était une éventualité qu'il fallait désormais envisa- ger. Ces accusations ne sont assurément pas sans fon- dement. Nous n'avons jamais contesté Tinsuffi- I.

Mais nous croyons que c'est justice de dé- gager en partie sa responsabilité par ces considé- rations que fait valoir en sa faveiirle P. La plupart des officiers qui n'avaient pas une haute idée de sa capacité dans le métier de la guerre n'étaient pas fâchés àt voir qu'il laissât à d'autres le commandement des troupes pour s'occuper des fonctions de la magis- trature.

Si nous n'attribuons aux pamphlets que la valeur et par conséquent l'importance qu'ils méritent, que dire cependant de cette grave imputation de Riche- lieu? Plaintes de l'-espée de M. Nous citons cette pièce en entier, moins deux strophes insignifiantes.

Et fait parler de tout fors de moy seulement. Quiconque a veu fichez contre-une cheminée Des pistolets de Reistre, avec leurs vieux estuis. Et près d'eux une lance au rouille abandonnée, Il m'a jeustement veue en Testât où je suis. Ha, que fais-je au fourreau, lasche et perfide espée. Que comme au temps jadis, je n'assiste mon Roy, Opérations militaires.

Quand il fut question d'abandonner la partie et que les chefs de Tarmée furent consultés, le colonel général dit au duc de Luynes: On ne peut empescher que de tous ces rebelles Je n'aille plustot seule outrepercer le flanc: Les grands Montmorencis, en semblables querelles, M'ont trop accoutumée à m'abreuver de sang.

Grand Roy, qui sçavez bien que sur telle occurrence. On sépare toujours l'espouse de l'espoux, Si vous estes si juste et plein de conscience, Que par la même loy ne nous séparez vous? Nous associerons-nous, sur ce point, à la dureté du nonce et à l'ironie de Bas- sompierre?

Cette partie diplomatique et occulte de rhistoire du siège de Montauban ne le cède pas en importance à la partie purement militaire, et elle est très-imparfaitement connue. Les dépêches de nos ambassadeurs nous seront du plus grand se- cours pour la reconstituer et pour examiner avec de réelles garanties d'impartialité 4a conduite poli- tique du duc de Luynes. Pourparlers en vue d'un accommodement général ou particu- lier.

Le siège de Montauban était à peine commencé que Tambassadeur vénitien écrivait à son gouver- nement: L'idée d'un accom- modement était loin à ce moment de perdre du terrain; le connétable négociait avec te duc de Sully, M. Un accommodement gé- néral, même avantageux pour le roi, Tobligeait à désarmer et aurait maintenu intactes les préten- tions du parti huguenot et ce qui lui restait de forces.

Nous demandons s'il n'y eût pas eu faiblesse, en Tétat des choses, à étendre davantage les concessions, et si d'autre part il n'y avait pas prudence à s'en tenir aux ré- sultats acquis pour le moment; c'est ce que le connétable de Luynes comprenait, nous n'hésitons pas à le dire, en véritable homme politique.

L'attitude de la population de Montauban, hési- tante au commencement du siège, puisqu'elle avait envoyé à Louis XIII des députés chargés de lui I. Dans une entrevue qui eut lieu au com- mencement d'octobre entre M. On peut dire que ce jour-là, par suite de cette précipitation, fut décidé le destin de la campagne. Les succès acquis n'autorisaient pas à exiger plus que ce qui était offert à ce moment par le duc de Rohan. Les dépêchcsde l'ambassadeur vénitien nous font assister à un revirement soudain dans les disposi- tions des chefs huguenots.

Le duc de Rohan a été trouver le connétable, qui lui a fait un accueil des plus caressants et des plus cour- tois. Il est resté à déjeuner avec lui le matin ; ils ont négocié ensuite toute la journée ; mais, en fin de compte, les propositions faites n'ont été consenties par aucune des deux parties.

A ce moment, Louis XIII se mit en scène, d'une manière plus personnelle et plus résolue que d'or- dinaire. Exaspéré par les échecs dé sa diplomatie et de ses armes, il manifesta publiquement les vo- lontés les plus énergiques ; il alla jusqu'à déclarer I, Amb. Mem du duc de Rohan col. L'ambassadeur ajoutait aux détails précédents ces mots décisifs: Blessé d'un ordre qu'il a reçu à l'effet de désarmer des troupes qu'il tenait sur pied, il s'est retiré dans la forteresse de Montrond, et l'on craint à cette heure qu'il ne s'entende avec le duc de Bouillon et le duc de Rohan pour former un parti capable de causer des embarras au roi '.

Cet événement, qui fut accueilli avec joie par toute la famille, aurait pu être considéré, en toute autre cir- constance, comme heureux pour la maison royale.

Un concours de circonstances fâcheuses rendait. On a vu quelles conséquences désastreuses avait entraînées sur le théâtre même de la guerre la mort du duc du Maine; elle amena par contre-coup dans Paris, en rhonneur de ce fils du populaire duc de Mayenne, une émeute qui rappela quelques-unes des san- glantes journées delà Ligue.

Cela n'a point suffi: Pour refréner la rage de ces mi- sérables, le duc de Montbazon, gouverneur de Paris, est monté à cheval avec ses gardes, ainsi que le lieutenant ci- vil et le prévSt des marchands; ils sont sortis dans la campagne, ont dispose de; troupes autour des boulevards delà cité, et fait pointer les canons qui sont sur la Bas- tille.

Mais leur diligence n'a servi de rien ; car, sans au- cune crainte ni respect, ces gens-là ont commis, outre les susdits méfaits, beaucoup d'autres atrocités dans la ville et hors la ville. Au milieu de ces troubles ont été tués deux soldats des gardes et huit catholiques, qui voulaient s'opposer au tumulte; ces graves désordres n'ont cessé qu'avec le jour.

La nuit suivante, ils ont encore mis le feu à deux hôtels du faubourg Saint-Germain et se sont ré- pandus par la ville en bandes armées ; mais ils ont trouvé devant eux les capitaines des quartiers prêts à la résistance et les chaînes tendues. Dans les maisons particulières cha- cun s'est pourvu d'armes et d'arquebuses; car il n'y a pas seulement des catholiques acharnés après des protestants, il y a des gens pires que les huguenots, lesquels, sous le prétexte' de religion, cherchent à voler partout où l'occa- sion se présente.

Le désordre est grand; il continue en- core, et peut avoir de terribles conséquences.

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Le comte de Soissons se croyait quelques droits à des dédommagements d'une va- leur appréciable et effective, et il envoya un de ses gentilshommes, M. He is trying to recapture his innocence, yet all he succeeds in doing by writing is to inoculate the world with a virus of his disillusionment. Nous le donnons tel qu'il figure dans les papiers de Corsini: L'idée d'un accom- modement était loin à ce moment de perdre du terrain; le connétable négociait avec te duc de Sully, M. Tra i presenti Apollinaire, che ascolta in silenzio, ad occhi chiusi. Le nonce a été élevé en France, et sa famille doit au feu roi un grand honneur dans le sein de l'Église ; Corsini est donc, à l'en croire lui-même, un ami de la France et de la maison royale. His younger son was killed in an accident while escorting American planes in Morocco. L'élan de la charité publique ne fit point défaut dans cette calamité, gros seins francaise escort charleville. Contarini avait dùjà précédé Priuli dans la retraite sur Venise. Mais Jean-Baptiste de Provast, dit le Zamber et Niccolo Video film erotique escorte haguenau, archlprêtre de Son- drio ', tombèrent entre les mains de la justice de leurs adversaires.

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